Une Femme sous influence
Mabel, épouse et mère de famille, voit son équilibre psychologique vaciller sous le poids des attentes sociales et familiales.
Chef-d’œuvre du cinéma indépendant américain, Une femme sous influence est porté par l’interprétation bouleversante de Gena Rowlands, souvent considérée comme l’une des plus grandes performances d’actrice de l’histoire du cinéma.
Dans le cadre de la rétrospective Les Étoiles
A Woman under the Influence n'est pas seulement un film sur la notion de folie/révolte quotidienne: il permet à Cassavetes, comme Husbands, mais vu davantage de l'intérieur du foyer, de poursuivre son portrait de la classe moyenne américaine. Un portrait peint caméra à la main, avec la même fluidité, la même acuité qui fait du cinéma de Cassavetes le plus personnel et le plus vivant de la production américaine. Comme dans Husbands, dont il est le plus proche, ce film de Cassavetes effectue un véritable dépouillement de la réalité par l'oeil de ses caméras qui traquent les personnages dans leur comportement au point d'effacer très rapidement en cours de film la notion d'acteur et de jeu, de fiction et d'art. Longs plans-séquences ou, au contraire, plans extrêmement découpés sur un visage, des mains, de la peau, aboutissent à la même impitoyable vision documentaire d'un huis clos tendu à l'extrême, à la même analyse d'un état de crise qui va finir par éclater devant nous, spectateurs privilégiés et indiscrets d'un spectacle qui n'en est pas un. L'un des plus admirables portraits de couple, et surtout de femme, que le cinéma nous ait jamais donnés, Une Femme sous Influence constitue au sein d'une oeuvre capitale une pièce maîtresse et l'un des sommets du cinéma moderne.
Guy Braucourt
