RAZZIA

Nabil Ayouch - France, Maroc - 2017 - vost - 119' - Couleurs

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

Critique

Parmi eux, Salima. Sur le toit de sa maison, elle fume des cigarettes, dans le dos d’un mari qui contrôle ses faits et gestes, refuse qu’elle travaille, n’aime pas qu’elle sorte en jupe… Hakim, jeune garçon des quartiers populaires, se réfugie parfois, lui aussi, sur le toit de son immeuble : c’est là qu’il écoute son idole, Freddie Mercury, le chanteur gay de Queen, l’inspirateur de son look extravagant, que tout le monde trouve dérangeant. Au cœur des quartiers bourgeois, l’adolescente Inès s’asphyxie dans son ghetto de riches, qu’elle quitte seulement pour aller au lycée français, conduite par un chauffeur. Dans le centre-ville, le restaurant de Monsieur Joe est plein de vieux habitués bavards. Certains évoquent encore le tournage de Casablanca, le fameux film avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, sorti en 1942. Un mythe. Car aucune scène de cette production hollywoodienne ne fut tournée au Maroc. L’esprit communautaire est devenu, pareillement, une illusion. Autour de lui, Monsieur Joe sent désormais se crisper les comportements. Parce qu’il est juif. 

Frédéric Strauss, Télérama

« Je veux participer à l’édification d’un Maroc possible pour mes enfants, pour les jeunes d’aujourd’hui. Je veux qu’ils puissent rêver. C’est ce qui nous a manqué ces dernières années : pouvoir continuer à faire un rêve, pour chacun et pour tous. Un rêve collectif, c’est important pour notre pays. » 

Nabil Ayouch