Drugstore Cowboy

Gus Van Sant - USA - 1989 - vost - 101' - Couleurs - 35mm

Les errances d'un junkie qui vit de rapines dans les drugstores de la côte Ouest pour se procurer son unique raison de vivre : la drogue. Le jour où une de ses amies meurt d'une overdose, il décide de changer de vie mais son passé ne tarde pas à le rattraper.

Critique

C'est un peu Bonnie and Clyde à Portland, Oregon. Si ce n'est que Bob et Diane s'attaquent aux pharmacies plutôt qu'aux banques, avec un goût pour la mise en scène et une prédilection pour les pilules de Dilaudil, le ­produit le plus proche de l'héroïne dans le commerce. Par ailleurs, Bob, beau gosse et grande gueule (c'est Matt Dillon, au top de son charme hébété), et Diane, maîtresse femme, sont flanqués d'un autre couple un peu boiteux, Rick, le demeuré, et Nadine, la cruche. D'où le côté Pieds Nickelés de leurs expéditions, dont le moteur est l'irrépressible dépendance de Bob.

Le junkie est décrit ici comme un malade, mais un malade qui connaît le plaisir autant que la douleur. Gus Van Sant concentre le film sur son cas, évacue sans ménagement les comparses, sauf la figure, très américaine, du flic pater­naliste, à laquelle il oppose celle, moins conventionnelle, du vieux drogué non repenti — un curé ! Ce fantôme (à peine incarné par le génial William Burroughs) peut être, pour Bob le superstitieux, promesse de vie ou signe de mort. Mais le suspense a été tué dès le prologue du film, et c'est tout l'art du cinéaste d'avoir tenu le fil sur un tel sujet. Car le programme du junkie, jamais aussi clairement montré comme parangon de l'angoisse moderne, est de toujours savoir de quoi sera fait le moment suivant, bref d'éliminer le suspense. Faussement relâché, Drugstore Cowboy est un tour de force.

François Gorin, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 29 Novembre 2017 au 19 Décembre 2017
Cinéaste de tous les genres
De tous les cinéastes américains contemporains, Gus van Sant est sans doute celui qui a le plus navigué entre le cinéma commercial (Will Hunting, A la recherche de Forrester), de recherche (Gerry), le cinéma de genre (Psycho) et