Les Grands esprits

Olivier Ayache-Vidal - France - 2017 - vofr - 106' - Numérique

François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre…

Critique

Bouleversant... Magnifique, extraordinaire, simple... Profond et léger en même temps…
Christine Angot

Au-delà de son scénario, Les Grands esprits repose aussi sur une belle histoire. Déjà, la trajectoire du réalisateur de 50 ans est un cas d'école. Il a écumé la planète comme reporter-photographe, mis en scène l'opéra Casse-Noisette en Chine avant de réaliser un court- métrage, Coming out, dans lequel un certain Omar Sy faisait ses débuts.Pour ce premier long-métrage, l'ancien journaliste a privilégié l'immersion. Il a suivi pendant trois ans, de la 6e à la 4e, les tribulations d'une classe du collège Maurice-Thorez, cité du Clos Saint-Lazare à Stains (Seine-Saint-Denis) devenu depuis le collège Barbara. Encouragé par le proviseur qui lui a donné carte blanche, Olivier s'est fait oublier, a fréquenté les moindres recoins de l'établissement, rencontré les parents des élèves, récupéré dans la poubelle des mots d'excuses qui en disent long sur l'absence de suivi, parfois, d'élèves en perdition... A l'heure du casting, il n'a eu qu'à puiser dans la classe. «J'ai mélangé des extravertis, des introvertis et des silencieux. Nous avons beaucoup répété avant le tournage, de manière à ce qu'ils se sentent libres». Là-dessus le hasard a mis son grain de sel. C'est ainsi qu'en choisissant Denis Podalydès, de la Comédie française, pour incarner François Foucault, Olivier était loin de se douter que la toute première vocation de l'acteur avait été d'être prof à Henri IV... Il est tellement crédible qu'on lui donne 20/20.
Pierre Vavasseur, Le Parisien

A l’heure où la rentrée des classes vient juste de sonner, Olivier Ayache-Vidal, dont c’est la première réalisation, nous offre une vision enthousiasmante du milieu éducatif qui devrait donner des ailes aux professeurs, aux élèves, aux parents et à tous ceux qui, à tort ou à raison, estiment que l’école ne remplit plus son rôle d’ascenseur social cher à Jules Ferry. (...) Un professeur exigeant mais bien plus humain qu’il n’y paraît trouvera, grâce à sa finesse d’esprit et à sa curiosité un point d’ancrage capable de donner l’envie d’avoir envie à des élèves découragés par un système qui ne leur convient pas. Qui mieux que Denis Podalydès et son regard pétillant pouvaient donner une telle envergure à ce professeur qui se nourrit et même s’enrichit autant que ses élèves au contact d’une pédagogie à laquelle il n’aurait arbitrairement accordé aucun crédit quelques temps plus tôt.  La pirouette humoristique finale nous le confirme : le chemin est encore long avant que l’enseignement « aristocratique » et l’enseignement démocratique ne se rejoignent mais tous les espoirs sont permis car les bonnes volontés sont bien là.
Claudine Levanneur, avoir-alire.com