J.F. partagerait appartement

Barbet Schroeder - Etats-Unis - 1992 - vost - 107' - Couleurs - 35mm

Jolie informaticienne new-yorkaise, célibataire depuis peu, Allison cherche une colocataire et retient finalement Hedra, une jeune fille timide et réservée. Au fil des jours, et alors que l’ancien amoureux d’Allison revient, le comportement d’Hedra devient inquiétant. En admiration pour sa colocataire, elle imite sa silhouette et sa coiffure, s’immisce dans sa vie privée, jusqu’à un point de non-retour.

Critique

Le Mystère von Bülow, précédente expérience américaine de Barbet Schroeder, relevait moins de l’appropriation d’un genre (le film “juridique”) que de son détournement au profit d’une direction éminemment personnelle, où le cinéaste s’intéressait entre autres aux relations complexes entre documentaire (auquel un pan entier de son oeuvre renvoie) et fiction. Avec J.F. partagerait appartement, il est une fois de plus impossible de faire l’économie d’une analyse sur le rapport au genre. Le nouveau film de Schroeder – littéralement, un exercice – ne trompe d’ailleurs pas le spectateur sur sa nature véritable, et tant qu’à rendre hommage, le cinéaste reconnaît et assume pleinement sa dette. J.F. appartient donc à une forme canonique : “le film-Vertigo”; le chef-d’oeuvre de Hitchcock, on le sait, représentant la matrice et, consécutivement, presque un genre en soi. 

Olivier de Bruyn, Positif, n. 381, novembre 1992

Projeté dans le cadre de

Du 14 Juin 2017 au 4 Juillet 2017
L'explorateur
Né à Téhéran d’un père suisse et d’une mère allemande, Barbet Schroeder grandit en Colombie et découvre le cinéma à Paris, à la Cinémathèque de Henri Langlois.