Ninotchka
Chargée de remettre au pas trois agents soviétiques séduits par les plaisirs de Paris, la rigide Ninotchka découvre peu à peu les charmes de la capitale française... et de l’amour.
Dans Ninotchka, satire brillante de l’URSS stalinienne et l’une des grandes comédies hollywoodiennes de l’âge d’or, Greta Garbo, dans un rôle devenu mythique, surprend par son sens du comique et son élégance irrésistible.
Dans le cadre de la rétrospective Les Étoiles
C'est un enchantement, un moment de bonheur tant Lubitsch filme vite, et tant les dialogues (Billy Wilder y est pour beaucoup) se révèlent étincelants. Tout est inversé : ce sont les prolétaires qui refusent de partager leurs économies avec leurs patrons. Ce sont les femmes qui mènent l'action. Même si le film a été lancé, à l'époque, sur le slogan « Garbo rit », c'est quand elle essaie de rester impassible devant les blagues d'un Melvyn Douglas déchaîné qu'elle atteint des sommets de grâce et de fantaisie.
Ninotchka est un hymne au plaisir de vivre, dont la morale pourrait être : « Amoureux de tous les pays, unissez-vous ! » Rien n'y a vieilli. Longtemps, des malveillants ont considéré ce chef-d'oeuvre comme un pamphlet anticommuniste. Erreur ! Si rien n'y était vrai, tout y était juste. Le stalinisme était défini par ce dialogue : « Comment ça va, en Russie ? — Très bien. Les derniers procès ont été une réussite. Il y aura moins de Russes, mais ils seront meilleurs ! »
Pierre Murat, Télérama




