Ceci n'est pas un film

Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb - Iran - 2011 - vost - 74'

Parce qu’il est interdit de création par le gouvernement iranien, le cinéaste Jafar Panahi est condamné à travailler clandestinement chez lui. Tourné en dix jours avec la complicité de son ami et réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, le film s’attache au déroulement d’une journée de Jafar Panahi. Il interroge la manière dont le temps passe à domicile, à l’écart des mouvements de la ville. Le hors-champ n’est néanmoins pas une menace permanente, mais aussi une somme de voix alliées, familiales et amicales.

Ceci n’est pas un film est un « home movie » bouleversant, où l’imaginaire du cinéaste se mue en arme de résistance contre un temps, un lieu et un système de pensée uniques. Au fil des conversations entre les deux réalisateurs surgissent les images des précédents films de Panahi ainsi que le récit saisissant d’un film-fantôme, que le cinéaste met en scène sur un tapis à défaut de pouvoir le mettre en images. « Ce film est un témoignage de ce que l’on peut faire avec le cinéma dans un pays où l’on empêche de faire du cinéma. On peut résoudre le problème fait au cinéma par le cinéma. », déclare Jafar Panahi dans un entretien.

Critique

Vacillant entre moments de frustration et de désespoir de Panahi et scènes d’exacerbation de la créativité, Ceci n’est pas un film est le cri de rage d’un cinéaste empêché. Ceci est la force, l’angoisse et la beauté d’un geste cinématographique hors cadre. Ceci est tout un monde dans un objet filmique inattendu.“ Un film n’est jamais ce qu’on raconte, mais ce qu’on réalise.” Précisément. Jafar Panahi a réalisé Ceci n’est pas un film, et ceci est un film. Et un grand.
Sarah Elkaïm, « Ceci est un grand film », Critikat, 27 septembre 2011

Projeté dans le cadre de

Du 30 Novembre 2016 au 13 Décembre 2016
Un cinéma de la liberté
La carrière du grand cinéaste iranien Jafar Panahi a pris un tournant étrange quand, en 2011 - il a alors 50 ans -, il a été condamné par le pouvoir iranien à ne plus filmer.