Fuocoammare

Gianfranco Rosi - Italie, France - 2016 - vost - 114' - Couleurs

Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Il va à l'école, adore tirer et chasser avec sa fronde. Il aime les jeux terrestres, même si tout autour de lui parle de la mer et des hommes, des femmes, des enfants qui tentent de la traverser pour rejoindre son île. Car il n'est pas sur une île comme les autres. Cette île s'appelle Lampedusa et c'est une frontière hautement symbolique de l'Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté.

La projection est suivie d'un débat avec Jean Perret et Gianfranco Rosi.

 > Article paru dans Ciné-feuilles du 21 septembre

 > Article paru dans Le Canard Enchaîné du 28 septembre

 > Article paru dans Le Temps du 28 septembre

 > Article paru dans Libération du 28 septembre

 > Article paru dans Le  Monde du 28 septembre

 > Article paru dans Positif d'octobre 2016 

Critique

Célébré à Venise en 2013 pour Sacro GRA, Rosi propose avec Fuocoammare un film étonnant sur Lampedusa. Deux lignes parallèles sont tracées : la caméra suit les 400 coups du jeune Samuele, dont le caractère flamboyant captive ; à côté, dans un montage alterné qu’il faudra interroger, le documentariste filme la traversée méditerranéenne des migrants, adoptant plutôt le point de vue des secouristes. On recueille, on héberge, on soigne. Mais jamais les lignes ne se croiseront.

Innocence et chaos

Fuocoammare met en scène un point de contact, cette petite île méditerranéenne surexposée médiatiquement, où le contact ne se fait pas. C’est sans doute tout son mérite : au lieu de choisir cette situation pour mettre en scène un face-à-face entre italiens et migrants, ou de travailler une possible coexistence (pacifique ou difficile), Rosi privilégie un rapport métaphorique à son sujet, trouve et observe un enfant passionnant, et tente de pénétrer les entrailles d’un esquif. Les deux mondes se tournent le dos, les migrants posent à peine le pied à Lampedusa, et l’enfant ignore l’existence de ce phénomène. Le film ne pose pas de point de vue moralisateur sur cette disjonction (même s’il l’organise), et laisse le spectateur la constater. 

Axel Scoffier, Critikat

Projeté dans le cadre de

Du 27 Mars 2019 au 30 Mars 2019
Histoires d'eaux
Le Festival Histoire et Cité a pour ambition de créer la rencontre entre les passionnés d’histoire, les acteurs culturels et le grand public autour de débats, conférences, expositions et performances.