Vivre sa vie

De Jean-Luc Godard
France - 1962 - vofr - 80' - Noir et Blanc
Synopsis

Nana , jeune vendeuse parisienne, glisse progressivement vers la prostitution tout en cherchant à donner un sens à son existence.

Composé comme une suite de tableaux, Vivre sa vie compte parmi les œuvres les plus bouleversantes de Godard. On y retrouve Anna Karina dans l’un de ses rôles les plus mémorables et qui confirme son statut d’icône de la Nouvelle Vague.

Dans le cadre de la rétrospective Les Étoiles

 

Critique

Ce film en noir et blanc qui se veut une enquête sur la prostitution, oscille entre la froideur du constat sociologique, à travers une voix off masculine, et la fascination fétichiste pour la beauté d’Anna Karina, mise en valeur par le travail du chef opérateur Raoul Coutard. La caméra n’épouse jamais le regard des clients sur les prostituées, mais sublime leur nudité ou leurs tenues plus ou moins déshabillées en leur donnant la beauté abstraite d’une statue. Célébré par la critique, le film se donne aussi dans sa dernière partie comme une auto-célébration du peintre (Godard) dans sa capacité à sublimer son modèle, dans l’héritage de la peinture occidentale.

Geneviève Sellier

 

--------------------------------------- EN AVANT-PROGRAMME ---------------------------------------

La Boulangère de Monceau de Eric Rohmer (France, 1963, 23 min, noir et blanc) 

Premier des «Six Contes moraux», La Boulangère de Monceau raconte l’histoire d’un étudiant qui, tout en poursuivant une jeune femme croisée dans la rue, rentre régulièrement dans une boulangerie. Il finit par donner rendez-vous a l’appétissante boulangère... 

(...) Le sous-texte du film plonge ses racines dans la France du XIXème siècle: comment un jeune bourgeois oisif se laisse tenter par les charmes prolétaires d’une accorte vendeuse de croissants, avant de retourner sagement courtiser la fille distinguée qui lui est socialement destinée. L’empathie du spectateur avec le personnage masculin est inévitable puisque c’est lui qui raconte l’histoire qui lui arrive, les deux jeunes femmes n’étant que les deux faces de son désir (la vierge et la putain, en termes judéo-chrétien; la jeune fille de bonne famille et la grisette, dans les termes du XIXème siècle) (...)

Sellier, 2005, p. 110

 

Projeté dans le cadre de

Du 25 Avril 2015 au 26 Avril 2015
Rencontre avec Geneviève Sellier