
Les Diables
LES DIABLES de Ken Russeill (1971) - Cineclub NOCTURAMA vendredi 11 décembre à 21H00!
Un récit historique dramatisé sur l’ascension et la chute d’Urbain Grandier, un prêtre catholique romain du XVIIe siècle accusé de sorcellerie à la suite des prétendues possessions de Loudun, en France. LES DIABLES met également en lumière sœur Jeanne des Anges, une religieuse sexuellement réprimée qui, sans le vouloir, déclenche les accusations.
Les Diables de Ken Russell est présenté dans sa version intégrale restaurée 4K.
Baroque, débridé, très représentatif de la démesure d’un certain cinéma britannique des années 1970, Les Diables prend pour sujet l’affaire des Diables de Loudun. Survenue dans la France du XVIIe siècle, cette chasse aux sorcières lancée par Richelieu à l’encontre du prêtre Urbain Grandier, impliquait également des nonnes, possédées par le démon.
Peu après Love (Women in Love), qui mettait en scène les amours non conventionnels d’un ménage à trois, Ken Russell met toute son énergie et toute sa folie dans ce qui sera son chef-d’œuvre. Décors exubérants conçus par Derek Jarman, scènes d’orgies, blasphèmes et tortures : tout est là pour choquer. Et cela ne loupe pas : la sortie du film fait scandale. Si la British Board of Film Censors (organisme britannique de classification des films) cherche à endommager le moins possible le film, certaines scènes – notamment la fameuse scène d’orgie des nonnes dans l’église – doivent être coupées, et le film est contraint de sortir sous la classification X en Angleterre et aux États-Unis.
Du côté de la critique, cette dernière est dans sa grande majorité outrée par la décadence des Diables, comme en témoigne cet article Robert Chazal, pour France soir : “Ken Russell s’est laissé emporter jusqu’au paroxysme pathologique. Pas une seconde de reflux dans cette marée montante de stupre, d’hystérie, de cruautés, de tortures et d’horreurs. On a envie de crier grâce, mais, justement, de grâce il n’y a aucune trace.” Toutefois, Hélène Tierchant de Positif prend le contrepied : “Les Diables va encore plus loin que Love ou Music Lovers. Plus loin aussi dans le fond. Les Diables, c’est l’exaltation de l’homme.”
