
Ludwig - Le Crépuscule des dieux
LUDWIG - LE CRÉPUSCULE DES DIEUX de Luchino Visconti (1973) - Les Classiques dimanche 3 mai à 17H45!
Louis II de Bavière monte sur le trône à l’âge de dix-neuf ans. Dédaignant la politique pour la musique, il rencontre Wagner à qui il voue une admiration sans limites. Trahi par ce dernier et abandonné par sa cousine Elizabeth d’Autriche dont il est amoureux, Louis finit par rompre ses fiançailles avec Sophie de Bavière. Conscient de son homosexualité refoulée, il sombre peu à peu dans la folie. Le peuple s’inquiète…
"En 1973, Luchino Visconti conclut sa « trilogie allemande » commencée par Les Damnés et Mort à Venise avec Ludwig, évocation du destin de Louis II de Bavière, de son couronnement (1864) à sa mort (1886). Helmut Berger, amant et interprète de Visconti, incarne un Ludwig rêveur, visionnaire et poétique et livre la composition de sa vie.
Visconti conteste l’idée même de reconstitution historique, malgré le faste et le perfectionnisme qu’il accorde au moindre détail, notamment dans le choix des décors – le film fut essentiellement tourné dans les lieux où vécut le roi de Bavière. Ludwig s’apparente davantage à un essai sur le pouvoir qu’à un classique – aussi somptueux soit-il – film à costumes, avec son chapelet de vedettes internationales. C’est aussi une méditation sur le déclin de la culture humaniste en Europe, initiée dans Les Damnés. Visconti filme la mort des dieux, des princes, et l’arrivée des monstres. Les Damnés empruntait la forme d’une hallucination cauchemardesque, Ludwig celle d’un songe funèbre. Visconti fait régulièrement surgir de l’obscurité les visages de ceux qui distillent la parole officielle sur Ludwig (fou, malade, irresponsable, inapte à gouverner, décadent) après sa mort mais que le cinéaste désigne implicitement comme les assassins du monarque, retrouvé mystérieusement noyé. Il impose sa vision d’un Ludwig admirable en dépit de ses faiblesses, véritable héros de l’idéal post-romantique.
Le tournage titanesque accouche d’une œuvre monstre, sans doute la plus géniale de son auteur mais qui sera, une nouvelle fois, un véritable gouffre financier. Ludwig connaîtra de sévères coupes lors de sa distribution internationale et ce n’est qu’après la mort de Visconti que nous pourrons contempler cette œuvre grandiose dans une version de quatre heures, la plus proche possible de celle rêvée par le cinéaste grâce à l’acharnement de certains de ses proches collaborateurs."
-Olivier Père, Arte
Une restauration 4K réalisée en 2022 par Studiocanal, la Cinémathèque Française et la Fondazione Cineteca di Bologna, en collaboration avec Compass Film et Ohonte Film, avec le soutien de Chanel et du Centre National du Cinéma et de l’Image animée. En 1973, les producteurs imposent à Luchino Visconti des coupes drastiques. Malgré l’opposition du réalisateur, le film sort avec un montage différent, amputé de 22 minutes. En 1978, créée pour l’occasion et regroupant les principaux collaborateurs du réalisateur, la société Ohonte Film réussit à racheter aux enchères les droits et le matériel du film après la faillite de la société de production. Un long travail commence alors pour la reconstruction du film et, en septembre 1980, le film sort enfin dans sa version originale telle que Luchino Visconti l’avait conçue. Les travaux de restauration image et son ont été réalisés au laboratoire L’Image Retrouvée (Paris - Bologne) à partir du négatif original 35mm. L’étalonnage a été supervisé par Daniele Nannuzzi.
