The Last Girl-Celle qui a tous les dons

Colm McCarthy - Grande-Bretagne, USA - 2016 - vost - 111 min. - Couleurs

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

Critique

Un virus transformant les humains en zombies a ravagé l’humanité. L’apparition d’une deuxième génération infectée, partiellement immunisée mais potentiellement dangereuse, est considérée comme un espoir par les rares rescapés. (…) Colm McCarthy revisite le film de genre en lui conférant une beauté froide et crépusculaire, ainsi qu’une dimension féministe bienvenue. Une dystopie sur l’inversion inéluctable de la chaîne alimentaire qui combine habilement ironie et nihilisme.

Xavier Leherpeur, Le Nouvel Observateur

Des enfants sanglés dans des chaises roulantes suivent un cours prodigué par leur institutrice. Pourquoi sont-ils attachés? Ils se trouvent dans une base militaire de la campagne anglaise, placés sous haute surveillance après avoir été contaminés par un agent pathogène qui les a transformés en zombies. Sauf que certains d’entre eux présentent encore une capacité de réflexion et de ressentir des émotions. Dans une société en proie au chaos, que reste-t-il de l’humanité? Voilà l’interrogation de ce film d’horreur britannique indépendant, récompensé par le prix du public au dernier Festival de Gérardmer. Il est aussi question d’évolution dans ce scénario de fin du monde audacieux et plein d’espoir grâce à la jeune héroïne jouée par la prodigieuse Sennia Nanua. 

S.B. , Le Journal du Dimanche

 

Elle connaît sur le bout des doigts le tableau périodique des éléments, rédige des compositions qui émeuvent jusqu’aux larmes la maîtresse d’école (Gemma Arterton). Melanie est première de classe. Drôle de classe… Une vingtaine d’enfants menottés et sanglés sur des sièges roulants, sous la garde de soldats armés, au fond d’un bunker. Il faut dire que ces petits élèves sont objectivement dangereux. Dès qu’ils sentent une odeur humaine, ils se mettent à jacasser comme des macaques, leur regard s’exorbite, leur mâchoire s’agite par saccades. Les têtes blondes ont faim de chair humaine… 
L’origine de The Girl With All The Gifts remonte à une anthologie de nouvelles sur le thème de l’école. Romancier et scénariste de comic books, Mike Carey planche pendant des mois, incapable de trouver une idée qui ne fasse pas mauvais produit dérivé de «Harry Potter». Un jour enfin, Melanie lui apparaît: une fillette rédigeant un classique de l’essai enfantin: «Ce que je veux être quand je serai grande.» Mais «nous pouvons voir qu’elle ne grandira pas. Elle est un zombie.» En compagnie de la productrice Camille Gatin et du réalisateur Colm McCarthy, l’écrivain développe son histoire pour en tirer le scénario d’un long-métrage.

Des manifestes contre-culturels de George A. Romero à The Walking Dead, de L’Armée des morts à 28 Jours plus tard, sans oublier World War Z, des tonnes de films et de téléfilms ont été consacrés aux zombies. Ils ont défini une esthétique et des protocoles dont The Girl… tente de contourner les poncifs en opposant une touche de britannitude et un zeste de féminisme aux bourrins américains.

Antoine Duplan, Le Temps