7 Minutes

Michele Placido - Italie, Suisse, France - 2016 - vost - 88' - Couleurs

À Yssingeaux (France), en 2012, une dizaine d’ouvrières sont appelées à se décider sur l’avenir de leur fabrique, qui vient d’être cédée à une multinationale du textile. Afin de conserver leur emploi, elles doivent renoncer à sept minutes (sur les quinze normalement accordées) de pause déjeuner tous les jours : la décision est soumise au vote. Le réalisateur et acteur Michele Placido adapte cette histoire vraie qui s’est déroulée à Latina (Italie) et offre, avec 7 minutes (...), un portrait passionné de onze femmes sous la contrainte, une histoire de droits qu’il faut défendre bec et ongles, une fresque du monde du travail d’aujourd’hui, qui va bien au-delà de l’enceinte de la fabrique car, de nos jours, nous nous retrouvons tous un peu dans ce dilemme auquel doivent faire face ces ouvrières : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour travailler ?

Critique

Une dizaine d’ouvrières sont appelées à se décider sur l’avenir de leur fabrique, qui vient d’être cédée à une multinationale du textile. Personne ne sera licencié après la vente d'une usine de textile italienne du sud de l'Italie à un grand groupe français. Le personnel, en majorité des femmes, est soulagé. Mais le contrat prévoit une clause, un tout petit détail: la durée de la pause repas. Sept minutes de moins, sur une durée initiale de quinze. Onze femmes, dans un incroyable huis clos, représentent le personnel et elles doivent décider pour toutes les autres si elles acceptent ou non cette proposition.
Le doute s'installe, le climat est lourd. On comprend que la jeune génération, mais aussi les immigrés, explique le réalisateur, rejettent les acquis conquis de haute lutte. Il faut sauver les emplois, mais sept minutes par jour multipliées par 300 ouvrières, ce sont 900 heures à la fin du mois, 900 heures non payées. La discussion s'envenime. C'est l'impasse. Chaque femme revit son histoire, met en scène son désespoir, invoque le besoin impérieux de travailler. Se battre collectivement se transforme en cauchemar et tout bascule.
Cette fresque du monde du travail d'aujourd’hui va bien au-delà de l'enceinte de la fabrique car, de nos jours, nous nous retrouvons tous un peu dans ce dilemme auquel doivent faire face ces ouvrières: jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour travailler?
À l'évidence, le scénario inspiré d'un fait réel, résonne avec des inquiétudes du moment.

Manuela Salvi, RTS