La Griffe du passé

Jacques Tourneur - Etats-Unis - 1947 - vost - 97' - Noir et Blanc - Numérique

Jeff Markham, alias Bailey, un détective privé retiré des affaires, croit avoir échappé à son passé en reprenant une station essence dans un trou perdu à la frontière entre le Nevada et la Californie. Jusqu’à ce qu’il soit rejoint par un homme qui a des allures de tueur… Pour une brève période, Jeff vivra encore des trahisons, des coups fourrés… Et les restes d’un amour fatal.

Critique

Un homme brave mais hésitant, qui tire les mauvaises cartes et doit faire face à un sort contraire, nous sommes là dans du vrai Tourneur où les perdants peuvent être magnifiques et résignés, où la violence est laide et absurde et où la vie ressemble à un cauchemar. Un pur film noir aussi avec une femme fatale, incarnée magnifiquement par Jane Greer, Milady mal entourée et prête à tout pour s’en sortir ; une histoire habitée par de pauvres types trop petits pour leurs rêves et un « héros » qui traverse cette histoire en restant un brave type, mais dépassé par l’adversité. 

Edouard Waintrop

 

Un sommet du film noir, également titré Build my Gallows High (Pendez-moi haut et court), qui marque la rencontre de Robert Mitchum et Kirk Douglas au coeur d’un univers tortueux à souhait. « Chef-d’oeuvre obsédant, Out of the Past n’est ni la synthèse du film noir ni sa critique. Sur le plan du scénario, il tient du répertoire des concepts du roman noir au point d’être presque sans surprise. Mais la mise en scène de Tourneur en fait tout autre chose. Elle capte l’invisible contenu dans les images pour cerner l’essence de ce que le film noir transporte toujours en contrebande :l’implacable travail de la mort »

Noël Simsolo, Le film noir : vrais et faux cauchemars

 

« Le ciel me fait penser à des endroits inconnus... » Une phrase pareille, simple et limpide, ne s'oublie pas. De toute façon, peu de choses s'oublient dans ce diamant noir tendu vers un ailleurs impossible. La Griffe du passé, intitulé aussi Pendez-moi haut et court!, appartient aux classiques inépuisables qui révèlent à chaque vision de nouvelles facettes.

Garagiste nonchalant, pêcheur à ses heures perdues, Jeff Bailey reçoit la visite d'un homme qui fait aussitôt resurgir le passé. Un passé encombrant et persistant comme un mauvais rêve... Aussi dense et touffue qu'une forêt, l'intrigue nous transporte très loin, avec un sens aigu des décors et de leur éclairage. On passe de la montagne à la plage d'Acapulco, d'une ville plongée dans l'obscurité à des bois menaçants. A la clarté élégiaque du début succèdent des épisodes de plus en plus sombres. Argent, amour, trahisons et meurtres à répétition...

Plus le film avance, plus on est immergé dans un univers tortueux et opaque, dominé par la relation infernale de Jeff avec Kathie, femme vénéneuse et fatale. Impassible, impressionnant dans son calme défaitisme, Robert Mitchum trouve dans ce film profondément énigmatique l'un de ses plus beaux rôles.

Jacques Morice, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 23 Août 2017 au 12 Septembre 2017
Un génie discret
Si la filmographie de Jacques Tourneur parait aujourd'hui éclairer le firmament hollywoodien comme un astre pur, sa carrière mit du temps à décoller… Le fils de Maurice Tourneur, autre cinéaste d'importance, commença par faire tous les métiers à Hollywood et à Paris avant de diriger en France que