Amin

Philippe Faucon - France - 2018 - vofr - 91' - Couleurs - Numérique

Amin est venu du Sénégal pour travailler en France, il y a neuf ans. Il a laissé au pays sa femme Aïcha et leurs trois enfants. En France, Amin n’a d’autre vie que son travail, d’autres amis que les hommes qui résident au foyer.
Aïcha ne voit son mari qu’une à deux fois par an, pour une ou deux semaines, parfois un mois. Elle accepte cette situation comme une nécessité de fait : l’argent qu’Amin envoie au Sénégal fait vivre plusieurs personnes.
Un jour, en France, Amin rencontre Gabrielle et une liaison se noue. Au début, Amin est très retenu. Il y a le problème de la langue, de la pudeur. Jusque-là, séparé de sa femme, il menait une vie consacrée au devoir et savait qu’il fallait rester vigilant.

 

 

Critique

ENTRETIEN AVEC PHILIPPE FAUCON 

Comment présentez-vous «Amin» en quelques mots ?

Amin est un homme venu travailler en France, afin de subvenir aux besoins de sa famille, dont sa femme et de ses enfants, restés au Sénégal. En France, il mène une vie difficile et solitaire, partagée entre les chantiers où il travaille et le foyer où il réside. Un jour, il rencontre une femme, Gabrielle, et une liaison se noue. 

Toujours cette envie de présenter des personnages et des réalités qui ne sont pas les plus représentés sur les écrans français ?

Les personnages et les réalités les plus représentés sur les écrans français n’ont pas besoin de moi en supplément ! 

D’où vous est venue cette idée de personnage ? 

Le sujet original a été apporté par Yasmina Nini-Faucon, d’après un personnage réel proche d’elle. Nous avons ensuite développé le scénario avec elle et Mustapha Kharmoudi. 

Vous avez écrit à trois. Une méthode de travail particulière ?

J’avais déjà eu avec l’une et l’autre plusieurs expériences d’écriture, qui n’avaient peut-être pas toujours vraiment procédé d’une méthode très définie, mais à chaque fois en tout cas avec engagement et exigence. 

Pourquoi avoir choisi Emmanuelle Devos ? 

J’avais vu Emmanuelle dans le film de Jérôme Bonnell Le temps de l’aventure. Il y a une séquence de jeu très forte où elle fait deux prises, l’une après l’autre, lors d’un essai de casting (elle joue une comédienne). C’est une séquence sans montage, où elle porte successivement et superbement deux fois la scène. Pour Amin, peut-être que j’ai été intéressé par le fait qu’elle se trouverait en terrain inconnu, à l’opposé de ce qu’elle avait fait jusque-là. 

Et comment avez-vous trouvé Moustapha Mbengue ?

Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Leïla Fournier, une directrice de casting avec qui j’avais travaillé précédemment avec une grande connivence sur le casting de Fiertés, la minisérie que j’ai tournée pour Arte juste avant Amin. Nous étions en recherche depuis plus de dix mois, sans résultat. Moustapha avait, lorsque je l’ai rencontré, une maîtrise partielle du français, mais je trouvais qu’il avait une belle présence. Nous avons dû travailler énormément avec lui, mais il est très accrocheur, et au final, il est le personnage du film. 

Recueilli par Patrice Carré