LES FLEURS FANÉES

Chris Kraus - Allemagne - 2017 - vost - 125' - Couleurs

Un historien allemand spécialiste de l'Holocauste est très inquiet à cause de ses origines, de sa carrière et de sa misanthropie générale. En pleine crise existentielle et conjugale, il rencontre une assistante de recherche française dont la grand-mère a été tuée à Auschwitz. La franchise de la jeune femme et son rejet des conventions l'irritent beaucoup, mais lorsqu'il apprend à la connaître, son monde en est bouleversé.

Critique

Adèle Haenel dans une comédie romantique en allemand sur l'Holocauste ? Il y a des films qui ressemblent à des cadavres exquis, à des assemblages improbables et imprévisibles, ce qui est déjà une qualité en soi. The Bloom of Yesterday, du réalisateur allemand Chris Kraus (...), est de cette famille qui n'a pas peur des grands écarts et des pirouettes (...). Les codes de la comédie romantique classique sont ici rassemblés et respectés: un garçon et une fille qui commencent par se détester pour mieux se tomber dans les bras, des quiproquos, des secrets révélés, des ruptures, des réconciliations, etc. (...). Sauf que tous deux travaillent dans un centre de recherche sur le Troisième Reich. Et, petit détail au passage, qu'ils se découvrent un passé commun : le grand père (nazi) de l'un aurait tué la grand-mère (juive) de l'autre !
Il existe déjà des films qui cherchent à traiter de l'Holocauste par le biais de la comédie, à rire autour, pour ainsi dire. La démarche de Chris Kraus semble légèrement différente. L'Holocauste y est davantage une improbable toile de fond (pourtant traitée avec grand sérieux) que le sujet premier.
Sur le papier, il est déjà amusant de se demander comment Lars Eidinger et Adèle Haenel, deux des comédiens les plus hype et exigeants du jeune cinéma d'auteur européen, se retrouvent dans cet invraisemblable romcom pleine de blagues (...). Mais le plaisir n'est pas qu'extra filmique. Tous deux se révèlent particulièrement à leur aise dans le registre comique, ce qu'on ne soupçonnait pas forcément à la vue de leurs très sérieuses filmographies. Face au toujours parfait Eidinger, Haenel parvient à rendre attachante et nuancée un personnage qui avait pourtant tout pour être horripilant (...). Ce sont leurs face-a-face qui donnent les scènes les plus hilarantes de ce film curieusement fichu mais pas banal du tout.

 Gregory Coutaut