Ava

Léa Mysius - France - 2017 - vf - 105' - Couleurs - Numérique

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l'océan quand elle apprend qu'elle va perdre la vue. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…

Critique

Que se passe-t-il pour une fille de 13 ans quand on passe ses vacances d’été seule avec sa mère envahissante, que l’ennui guette, que la vue est menacée par une sombre et rare maladie, que le désir monte au ventre et qu’on ne sait ni le nommer ni le maîtriser ? C’est ce sujet banal que sonde et raconte Ava, premier film pas banal d’une certaine Léa Mysius (elle a coscénarisé le Desplechin, c’est son Cannes et son année), une petite bombe d’énergie et de sensualisme, d’inventivité scénaristique et plastique, dopée par une bo haute en couleurs.

Ava, c’est Noée Abita, qui fait une entrée fracassante en cinéma : la chevelure brune en bataille, les yeux immenses et profonds, une moue boudeuse du genre qui symbolisa le rock et l’adolescence en révolte, d’Elvis à Mick Jagger, un corps d’amazone… Ava, Noée, Léa, nouvelles étoiles qui surgissent et explosent comme un feu d’artifice de fraîcheur et de féminité dans le ciel cannois.

 

Serge Kaganski, Les Inrocks