Touchez pas au grisbi

Jacques Becker - France - 1954 - vf - 94' - Noir et Blanc - Numérique

Max-le-menteur et Riton viennent de réussir le coup de leur vie : voler 50 millions de francs en lingots d'or à Orly. Avec ce "grisbi", les deux gangsters comptent bien profiter d'une retraite paisible. Mais Riton ne peut s'empêcher de parler du magot à sa maîtresse Josy. L'entraîneuse transmet la précieuse information à Angelo, un trafiquant de drogue avec lequel elle trompe Riton. Angelo kidnappe le vieux truand et demande le "grisbi" à Max comme rançon...

Critique

Touchez pas au grisbi est sans doute le prototype du film policier français, dont le succès engendrera de nombreuses déclinaisons, toujours populaires dans les années 50 et 60. Superbe interprétation de Jean Gabin dans son meilleur film d’après-guerre avec French Cancan. Touchez pas au grisbi marque la renaissance de la gloire de l’acteur dans le cœur des Français et dans les cimes du box office après une décennie d’éclipse causée par son départ à Hollywood et son engagement dans les Forces françaises libres. Rentré au pays en 1946 il avait peiné à renouer avec le succès et à retrouver des rôles à sa mesure après les grands films des années 30 signés Renoir, Duvivier, Grémillon, Carné… Le triomphe de Touchez pas au grisbi installera pour longtemps Gabin dans des rôles de gangsters vieillissants, qu’ils soient repentis, chefs de bande ou confrontés à une nouvelle génération de voyous et aux nouvelles règles du milieu.

Mais le film de Becker n’est pas un simple véhicule pour la plus grande star française, ni un simple polar. Touchez pas au grisbi illustre à la perfection les thèmes et les ambiances du film noir mais se révèle aussi une très émouvante méditation sur la vieillesse, la fatigue, la solitude et l’amitié. On y retrouve aussi l’humour de Becker et son amour pour les jolies femmes, avec les nombreuses conquêtes de Max (Gabin), éternel séducteur que n’assagit pas le poids des années. Une fois de plus la comparaison entre Becker et Hawks est rendue possible par l’art du cinéaste français, très influencé par le cinéma américain et adepte d’une mise en scène à la précision et à la sobriété magnifiques.

Olivier Père, Arte

Projeté dans le cadre de

Du 13 Septembre 2017 au 3 Octobre 2017
Le Tourbillon
Un demi siècle de cinéma français (et mondial d'ailleurs) parcouru par un tourbillon...  Voilà ce que nous fera ressentir cet hommage à Jeanne Moreau.