Mademoiselle

Tony Richardson - France, Grande-Bretagne - 1966 - vost - 105' - Noir et Blanc - 35mm

Institutrice respectable d'un village corrézien, Mademoiselle souffre d'une sexualité refoulée. Ce mal-être se traduisant par des actes de destruction, elle allume des incendies au sein de son village laissant croire que Manou, le bûcheron italien qu'elle désire, en est l'auteur.

Attention sous-titres en anglais uniquement!!! 

 

Critique

Le « Free Cinema » anglais (représenté par des cinéastes jeunes et « en colère » tels Tony Richardson, Lindsay Anderson et Karel Reisz), mouvement cinématographique de la fin des années 50, a produit un nombre considérable de films d’auteurs hors normes. Tony Richardson est le seul réalisateur de ce mouvement à avoir fait le pont avec la concurrente Nouvelle Vague française, grâce à Mademoiselle, production anglaise tournée en France, en langue française. Le cinéaste collaborait pour la première fois avec Jeanne Moreau et la romancière Marguerite Duras (qui réécrit en dernière minute le scénario de Jean Genet à la demande l’actrice) avant The Sailor From Gibraltar (1967), adaptation d’un roman de cette dernière.
A l’origine de Mademoiselle, il y a un scénario intitulé « Les Rêves interdits / L’Autre versant du Rêve » rédigé en 1951 par le romancier Jean Genet pour l’actrice Anouk Aimée, en cadeau de fiançailles. Leur union étant tombée à l’eau, le scénario finit dans un tiroir et il faudra attendre une quinzaine d’années pour que le projet se concrétise enfin. C’est Jeanne Moreau, amie de Genet, qui propose le scénario à Tony Richardson, qui désirait ardemment travailler avec elle. (...) A la confluence de genres et d’inspirations, Mademoiselle apparaît même véritablement comme un film neuf, moderne, qui se sert du contexte hexagonal et d’une grande figure maléfique pour dépeindre la complexité des rapports humains, surtout lorsqu’ils sont liés par une haine tenace. Mademoiselle est surtout un triomphe personnel pour Tony Richardson, cinéaste sous-estimé dont l’œuvre entière serait à redécouvrir et pour Jeanne Moreau, qui démontre une fois de plus avec ce rôle complexe et risqué, son courage et son immense talent.

Grégory Cavinato, Action Cut

Projeté dans le cadre de

Du 13 Septembre 2017 au 3 Octobre 2017
Le Tourbillon
Un demi siècle de cinéma français (et mondial d'ailleurs) parcouru par un tourbillon...  Voilà ce que nous fera ressentir cet hommage à Jeanne Moreau.