The Rider

Chloé Zhao - Etats-Unis - 2017 - vost - 104' - Couleurs

Après avoir survécu à une blessure à la tête qui faillit lui être fatale, un jeune cowboy entreprend la quête d'une nouvelle identité et découvre ce que cela signifie d'être un homme au cœur de l'Amérique.

Critique

“Certains films débarquent sans fanfare sur la Croisette, pour en repartir en héros conquérants”, constatait en mai 2017 le site hollywoodien The Wrap. Projeté à la Quinzaine des réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, The Rider, le deuxième film de Chloé Zhao, a ému les festivaliers et confirmé tout le bien que l’on pensait de cette jeune réalisatrice chinoise installée aux États-Unis, qui s’était fait connaître en 2015 avec Les Chansons que mes frères m’ont apprises. Comme Les Chansons que mes frères m’ont apprisesThe Rider a été tourné dans la réserve indienne de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, avec des acteurs non professionnels qui campent des personnages proches de ceux qu’ils sont dans la vraie vie. On suit ainsi le parcours du jeune cow-boy Brady Jandreau, étoile montante du rodéo, dont la carrière est soudain compromise à cause d’un accident. The Rider allie les panoramas majestueux qui ont fait la gloire des westerns américains et l’histoire profondément intime d’un homme obligé de recomposer son identité (...)

Le Courrier International

 

Tous les acteurs, non professionnels, campent des personnages fidè­les à ceux qu’ils sont dans la vraie vie. C’est d’ailleurs le véritable coup de ­sabot d’un mustang sur le crâne de Brady, et ses conséquences familiales et psychologiques, qui a permis à ce wes­tern réaliste d’exister. L’homme souf­fre d’avoir abattu son cheval blessé et de devoir, lui, si fracassé, s’acharner à vivre. Dans des paysages sublimes, toujours filmés à l’aube ou au crépuscule, pour donner des couleurs à des existences qui en manquent cruellement, Chloé Zhao aborde, en creux, des ques­tions aussi cruciales que l’assimilation, la relation homme-animal, la nature et la culture. Ses cow-boys indiens anachroniques, que le monde moderne voudrait contraindre à travailler au ­supermarché, en évoquent bien d’au­tres, dont les fantômes hollywoodiens surgissent dans les plaines et collines du Dakota. Comme le Robert Mitchum des Indomptables, de Nicholas Ray, lui aussi gloire du rodéo blessée, qui ne pouvait se résoudre à abandonner les arçons. Ou le Kevin Costner pro-indien de Danse avec les loups, tourné aussi dans ce paradis perdu. Et la chanson Badlands, de Bruce Springsteen, sur les mêmes territoires sauvages, pourrait encourager Brady à remonter en selle : « Passer sa vie à attendre/Un ­moment qui n’arrive pas/Ne perds plus ton temps à attendre/Mauvaises terres, tu dois y vivre chaque jour. »

Jérémie Couston, Télérama

Lien vers l'article de la Tribune De Genève

Lien vers l'article du Temps

Lien vers l'article du 20 Minutes