Au diable Staline, vive les mariés!

Horatiu Malaele - Roumanie - 2008 - vost - 87'

Les membres d'une équipe de télévision visitent un village roumain en ruine. Ils recherchent des témoignages sur des phénomènes paranormaux, mais les seuls habitants de ce lieu de désolation sont de vieilles femmes muettes. Cinquante ans plus tôt, Ana et Iancu, deux jeunes gens, devaient se marier. Mais l'irruption de sinistres soldats, messagers de la mort de Staline, rompit la liesse...

Critique

Une équipe de télévision spécialisée dans les phénomènes étranges débarque dans un village roumain peuplé de vieillardes en deuil. Flash-back : cinquante ans plus tôt, les habitants ont bravé l'interdiction des festivités décrétée à la mort de Staline afin de célébrer un mariage...

Le premier film, à 55 ans passés, du comédien et metteur en scène de théâtre Horatiu Malaele, est très éloigné des canons réalistes du jeune cinéma roumain des Cristi Puiu (La Mort de Dante Lazarescu) et consorts. Dans Les noces silencieuses, on boit, on crie, on couche avec une exubérance digne de Kusturica. Comme nombre d'hommes des planches passés à la réalisation, Malaele multiplie les mouvements (de personnages et de caméra) pour « faire cinéma ». 

Ce style excessif, qui pourrait fatiguer, trouve toutefois sa justification dans le contraste saisissant qu'il produit avec la scène-clé du film. Aux noces silencieuses de Mara et d'Iancu, les convives trinquent avec des verres enveloppés de tissu, se retiennent de rire, dansent sans musique. Un quart d'heure sans un bruit ou presque, et à l'humour ab­surde. Un mélange réussi de burlesque et de tragique, bien à l'image de ce film tout en ruptures de ton.

Samuel Douhaire, Télérama

Projeté dans le cadre de

3 Décembre 2015
Rencontre avec Horațiu Malaele
Après Londres et New York, le cinéma roumain arrive à Genève! Son regard - de Lucian Pintilie aux cinéastes de «la nouvelle vague» - continue à surprendre.