Mes chers amis

Mario Monicelli - Italie - 1975 - vost - 140'

La vie et les amusements de quatre puis cinq adolescents tardifs, en fait des quadragénaires ou quinquagénaires peu sérieux. dans la Florence des années 70. Un scénario magnifique parce que mêlant le rire, la farce avec une méditation sur le temps qui passe, la mort, l'amour absent. Germi devait réaliser ce film qu'il avait écrit. Il est mort sans avoir pu le faire et c'est son ami Mario Monicelli, autre grand de la comédie italienne, qui a repris le flambeau avec une inspiration remarquable. Pour mettre en scène un véritable chef-d'œuvre du genre.

Critique

De ce fleuron de la comédie italienne des années 1970, on se rappelait, surtout, le célèbre gag des baffes : les passagers d'un train se penchant à la fenêtre au moment du départ, giflés par nos héros restés sur le quai... On avait oublié que Mes chers amis était aussi drôle que désespéré — la marque de fabrique de Pietro Germi, l'auteur principal du scénario, qui, trop malade, demanda à Mario Monicelli de le remplacer derrière la caméra.

Les cinq amis multiplient les blagues scabreuses (scène d'anthologie à l'hôpital) ou sophistiquées (le pseudo-trafic de drogue, avec Bernard Blier en dindon de la farce) pour masquer leur mal-être d'aristo ruiné (Ugo Tognazzi, génial), d'architecte inapte à l'amour (Gastone Moschin) ou de journaliste méprisé par son fils (Philippe Noiret). Tous veulent oublier que la vie est une saloperie ennuyeuse et retenir, encore un instant, une jeunesse qui fout le camp. Difficile de résister à cet humour grinçant, cruel, y compris lors de l'enterrement final. Même si les larmes ne sont jamais loin...

Samuel Douhaire, Télérama

Projeté dans le cadre de

Du 4 Décembre 2015 au 6 Décembre 2015
Jonathan Nossiter est un cinéaste américain et brésilien atypique.