A Touch of Zen

King Hu - Taïwan - 1970 - vost - 180' - Couleurs

Chine, sous la dynastie Ming. Gu Shengzai, vieux garçon lettré exerçant la profession de peintre et d’écrivain public, mène une vie tranquille avec sa mère, laquelle cherche à tout prix à marier son fils. Lorsqu’une nouvelle voisine vient s’installer dans la maison d’à côté, l’occasion est inespérée. Mais cette jeune fille mystérieuse n’est autre que Yang Huizhen, dont le père a été assassiné par la police politique du grand eunuque Wei et qui est depuis recherchée pour trahison…

> Article dans Le Monde du 28.08.2015

Critique

En 1966, King Hu réalise un fleuron du « wu xia pian » (films d’arts martiaux à costumes) : L’Hirondelle d’or (Come Drink With Me). Cette histoire de détectives et de conspirateurs est une des plus belles réussites commerciales et artistiques des studios Shaw Brothers. Elle fixe les règles du genre et inaugure l’œuvre d’un cinéaste artiste, véritable calligraphe de l’écran qui poursuivra dans ses rares films suivants ses éblouissantes compositions plastiques. A Touch of Zen et Raining in the Mountain, productions taïwanaises indépendantes, sont sans aucun doute les chefs-d’œuvre de leur auteur, des sommets de raffinement et de spiritualité. Le premier va révéler King Hu dans les années 70 au public occidental grâce à un prix au Festival de Cannes où il présenté en compétition en 1975. L’effet de sidération provoqué par la découverte simultanée des combats acrobatiques, de la splendeur des images et de la philosophie bouddhiste est encore intact et A Touch of Zen n’a pas usurpé sa réputation de film mythique.

Olivier Père, Arte